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Le Palais de la culture Hnat Khotkevytch à Lviv, tout comme le quartier où il est situé, traverse actuellement une période de changement et de rénovation. En 2018 on a commencé à revitaliser et à chercher un nouveau concept du centre culturel. Le Palais, bâti il y a presque 100 ans grâce à la souscription publique, collecte de nouveau de l’argent pour des travaux de rénovation et fait son retour dans la liste des établissements culturels de Lviv.

L’histoire du Palais commença par la construction avec l’argent des ouvriers qui avaient besoin de loisirs culturels. En période difficile de pandémie et de confinement, qui a commencé en 2020, la direction du Palais Khotkevytch a pu collecter les fonds nécessaires pour le cofinancement des projets prévus deux fois.

Souscription publique de l’entre deux guerres

Le Palais de la culture fut construit comme club de loisirs pour les ouvriers de Lviv. On avait pris en compte tous les centres d’intérêt — outre des loisirs culturels, il y avait une salle de bowling, une cafétéria, une bibliothèque, une salle des jeux de société et un coin fumeurs, des vestiaires séparés pour les hommes et les femmes et même l’appartement du directeur qui y habitait.

L’idée même de bâtir un club pour les ouvriers naquit en 1924 après une manifestation qui exigeait la création d’un espace de repos et de loisirs. La ville ne disposait pas de la somme d’argent nécessaire, en revanche, elle alloua un terrain. Alors, le comité syndical décida de collecter 1% des salaires. Le projet se réalisa 10 ans plus tard. Malgré la crise économique de l’époque, les ouvriers participaient à la construction eux-mêmes, ils travaillaient le soir et le week-end. Les travaux se terminèrent en 1938: cet échantillon remarquable de l’architecture fonctionnaliste avait été conçu par deux architectes à la mode, Tadeusz Vrubel et Leopold Karasinski. Ils étaient coauteurs d’une série d’édifices à Lviv dans le style moderniste et art déco: le Bureau de la gestion des stations électriques de la ville (de nos jours abritant le bureau du SBU dans la rue Vitovskoho), l’immeuble pour les ouvriers de la gmina (commune — trad.) de Lviv dans la rue Zhovkivska, le bureau de la Chambre médicale, des villas de la Profesorska koloniia.

Gmina
Unité d’administration territoriale de la Pologne.

Tetiana Prodan, directrice adjointe du Palais, note que depuis le début jusqu’aujourd’hui c’est la communauté qui définit la politique culturelle:

— Le Palais fait partie de l’histoire de la souscription publique. C’est un des points de départ, des fondements principaux que nous essayons de garder et qui ne parle pas uniquement aux membres de l’équipe qui participent au développement de la communauté. C’est la conscience citoyenne. Le Palais Khotkevytch est un des espaces créés et existant sur ces bases.

Depuis 1938 l’édifice abritait un cinéma, à l’époque soviétique, le club des ouvriers se transforma en club des traminots. Les péripéties historiques changeaient le nom et la variété d’activités proposées au Palais, mais malgré tout, c’était toujours un lieu culturel. Sous différentes enseignes, drapeaux et idéologies.

Sous le patronage d’un multipotentiel

Le Palais se trouve dans Pidzamtche, un quartier historique de Lviv. C’était un lieu habité depuis toujours par des artisans, puis les ouvriers des usines.

À l’époque de l’instabilité politique et du changement de régime dans les années 1930, le club devint le terrain d’expression des opinions des citadins. En 1936, le Parti communiste de la Pologne et de l’Ukraine de l’Ouest y organisa le Congrès antifasciste des figures de la culture, auquel participèrent les représentants de l’élite intellectuelle de Pologne, d’Ukraine de l’Ouest et du Bélarus. Tetiana Prodan dit:

— Cet établissement n’était pas qu’un centre de culture et de loisirs, mais un centre où on développait des idées, où certaines opinions politiques se formaient, celles de la résistance.

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Sous l’occupation allemande, le Judenrat opérait dans le Palais, c’était un organisme de gestion de la communauté juive du ghetto de Lviv. Sous le régime soviétique, le Palais fut renommé en l’honneur de Mykola Kouznetsov, agent du NKVD. Voilà pourquoi les habitants le surnommaient «kouznetchik» («sauterelle», puisque le nom de Kouznetsov rime avec celui de l’insecte sans pourtant y être lié étymologiquement: Kouznetsov vient de «kouznets» (russe) – forgeron – trad.). Dans les années 1990 dans la période de la restauration de l’indépendance de l’Ukraine, l’établissement se vit encore rebaptiser et devint alors le Palais Hnat Khotkevytch.

Commissariat du peuple aux affaires intérieures (NKVD)
Organisme prédécesseur du Ministère des affaires intérieures de l’URSS, qui fonctionnait jusqu’en 1946.

La personnalité de Khotkevytch fut choisie grâce à son talent prodigieux. Il était écrivain, compositeur, ethnographe, historien, historien de l’art, amateur du théâtre, ingénieur et activiste social et politique. Né à Kharkiv, il vécut dans plusieurs régions qui faisaient partie de différents empires. Il vécut pendant un moment à Lviv, puis dans les régions de Houtsoulchtchyna et de Bucovine, puis à Kyiv et à Voronezh. En 1938, Hnat Khotkevytch tomba victime de la terreur stalinienne: il fut fusillé à la suite d’une accusation d’espionnage falsifiée.

— Un représentant du Piémont galicien ne pouvait pas se permettre de se limiter à un seul domaine. Il devait couvrir autant de domaines de la culture que possible pour ensuite offrir à la nation en développement des idées qu’elle puisse attraper et concrétiser. Le choix du nom de l’établissement n’est pas qu’un rôle, cela montre comment un acteur culturel réagit à une idéologie et comment elle s’inscrit dans la politique culturelle. Nous ne limitons pas notre activité aux clubs de loisirs pour enfants, nous voyons le Palais Khotkevytch comme une plateforme de création de la culture.

Piémont ukrainien
Métaphore du mouvement national, organisé autour de Lviv, dans la Galicie, faisant référence à la région italienne du Piémont d’où commença la libération du pays des étrangers et la réunification des régions italiennes.

Avec le déclin de l’industrie dans les années 1990, Pidzamtche devint un quartier quelque peu défavorisé. Cependant, en ce moment, les habitants et les institutions culturelles sont en train de changer la situation. Outre le Palais Khotkevytch, on rénove d’anciens bâtiments industriels comme l’usine des dispositifs médicaux radioélectriques de Lviv (REMA) ou l’usine dite du «powidl», qui se transforment actuellement en centres d’art contemporain, bureaux et ateliers.

Comment vit le Palais Khotkevytch

Tout comme son patron, très doué dans différents domaines, l’établissement est un espace pour l’expression artistique des jeunes musiciens, acteurs, artistes, écrivains et danseurs. Tetiana Prodan souligne l’importance de pareils espaces pour le développement des talents:

— La mission de notre centre est de donner une possibilité aux débutants de se réaliser, puisqu’on ne sait jamais qui deviendra une vraie star. Cela commence toujours sur des scènes, disons, pas très grandes, comme la nôtre. Tous commencent par quelque chose de petit. Tout naît grâce au travail, fautes et épreuves, il est donc essentiel d’avoir cette infrastructure pour les débutants.

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En 1947, on y fonda la troupe de danse Mriia, qui existe toujours. Elle a le statut de troupe du peuple, en 1956, ses membres jouèrent dans le film musical Pisni nad Dniprom (Chants sur le Dnipro — trad.). La directrice par intérim du Palais de la culture, Oleksandra Onychkevytch, raconte que leurs anciens élèves reviennent plus tard au Palais pour devenir professeurs, et que les anciens danseurs y envoient leurs enfants:

— C’est une troupe familiale. On y vient de génération en génération. À l’époque, c’étaient les grand-mères et grand-pères, maintenant, ce sont leurs petits-enfants qui y dansent.

La troupe Mriia est pour les adultes, tandis que les Kvity Ukraїny réunit les enfants. En outre, le Palais possède un club de danse moderne, un atelier vocal et celui de dessin, deux studios de théâtre et le secteur de la commission cinématographique, organisme municipal qui promeut Lviv pour le tournage des films et propose des consultations dans le domaine de la production cinématographique. C’est au Palais que vit le jour le théâtre satirique Pid Mostom, c’est ici que se formaient des participants du KVK galicien (ligue ukrainienne du KVN – trad.). L’établissement prête également ses locaux pour des événements littéraires, c’est l’un des endroits du Forum des éditeurs. C’est ici qu’ont eu lieu les rencontres des lecteurs avec Iurii Androukhovytch, Iurii Vynnytchouk, Viktor Neborak.

KVK
« Club des personnes gaies et intelligentes » — Jeu d’équipe humoristique sur scène.

En 2015, Lviv devint ville de littérature de l’UNESCO et le Palais Khotkevytch – sa résidence. Ce secteur du développement créatif fait la promotion de la lecture, du tourisme littéraire, de la publication de livres et de la traduction. L’autre secteur met en place un programme de résidences littéraires pour des auteurs et traducteurs ukrainiens et étrangers. Les écrivains invités seront logés dans des appartements spécialement choisis et préparés pour leur permettre de mieux connaître Lviv et de pouvoir écrire sur la ville.

Le Palais Khotkevytch élargit en continu la sphère de ses activités, et actuellement, outre les domaines artistiques, des cours de langues étrangères, des ateliers et des conférences y ont lieu. En 2020, on a ouvert dans le Palais une galerie pour les artistes débutants. Le théâtre des migrants Domus, fondé par Nataliia Menchykova, metteuse en scène de Crimée, s’y est également installé. De temps en temps, le Palais prête sa scène aux répétitions de la troupe de l’Opéra de Lviv; une branche de Plast (la plus grande organisation scout en Ukraine – trad.) s’y trouve aussi.

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Dans les années 1980-1990, le Palais Hnat Khotkevytch était une des premières scènes de futures légendes de la musique, comme les groupes Mertvyi piven, Braty Hadiukiny, Pikkardiiska tertsiia, la chanteuse Rouslana et la famille entière Tchoubaї, dont le poète Hrytsko et ses enfants Solomiia et Taras, leader du groupe Platch Ieremii. À l’époque, où les musiciens à l’esprit libre ne pouvaient pas jouer partout, c’est au Palais qu’ils se trouvaient une scène. C’est ici, au sous-sol du Palais de la culture, que l’underground musical composait ses hits immortels.

Dans le Palais Khotkevytch avaient lieu les étapes de sélection pour le festival ukrainien Tchervona Routa qui fut fondé en 1989 et nommé en l’honneur du titre culte de Volodymyr Ivasiuk. Après 2018 on y revoit certains des vieux habitués. La directrice du Palais de la culture explique que les représentants de divers groupes de musique qui y faisaient leurs premiers pas dans les années 1990 proposent de nouveau une coopération:

— Le développement du milieu culturel des années 1990 a commencé au Palais Khotkevytch. Maintenant, on les voit revenir, il y a aussi de nouveaux groupes qui veulent jouer ici. Ils y viennent pour l’esprit créatif de l’époque, cette ambiance-là.

Ainsi, le groupe vocal Pikkardiiska tertsiia y possède son propre studio de répétition depuis plus de 20 ans, tout comme le groupe Wszystko, qui redonne vie aux vieilles chansons dont celles du chanteur et compositeur de l’entre deux guerres, Bohdan Vesolovsky. Selon l’administration du Palais, cela est en conformité avec le concept de l’établissement: on remplit l’espace historique de nouvelles idées.

Transformation fonctionnelle

Jusqu’en 1997, le Palais appartenait à Lvivelektrotrans, puis c’est le conseil municipal de Lviv qui s’en est occupé. Néanmoins, bien que devenu la base permanente pour des festivals, ranimé et en développement, cet établissement n’était pas populaire parmi les habitants du quartier. Oleksandra Onychkevytch, la directrice du Palais, se souvient que certains Lviviens racontaient que l’édifice ressemblait à une prison aux yeux de leurs enfants, comme s’il était fermé et inaccessible. C’est le stéréotype qu’ils veulent changer avant tout.

La revitalisation de l’établissement culturel a été initiée en 2018, après l’élection de la nouvelle direction. Tout a commencé par la création d’une atmosphère de confiance au sein de l’équipe. Comme il y a près de 70 employés, dont certains travaillent depuis des dizaines d’années, au début, on se méfiait de la nouvelle direction. Mais, en élaborant la nouvelle stratégie de développement jusqu’en 2025, on a pris en compte les opinions de tous les collègues. L’équipe actuelle, qui s’occupe de la revitalisation, est professionnelle et efficace, dit Oleksandra:

— Pendant deux ans, nous avons tout fait tout pour gagner la confiance de l’équipe, nous avons essayé de passer le message à tous les employés que nous n’étions pas là pour nuire. Nous sommes venus pour aider, rénover tout en gardant la valeur historique et y ajouter du nouveau et de l’actualité.

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Voici les quatre éléments de la stratégie de développement du Palais Khotkevytch: idées, infrastructure, équipe et communication. L’idée, c’est de garder l’héritage culturel, les traditions et de créer l’espace pour de nouveaux projets. L’infrastructure du Palais doit être pratique et sans barrières, avec l’espace public et la cour intérieure bien aménagés. L’équipe, d’après la stratégie, ce sont des spécialistes créatifs et motivés qui se cultivent et se perfectionnent sans cesse, qui ont le doigt sur le pouls des changements sociaux. En plus, le Palais devrait devenir un lieu de travail digne de tels professionnels. Le but de la communication est la popularisation de la marque du Palais Khotkevytch, l’augmentation du public ciblé pour y inclure non seulement les habitants, mais aussi les touristes.

On a représenté ces quatre directions par quatre couleurs différentes: le bordeaux qui rime avec le rouge des briques, c’est l’infrastructure, le vert — les idées, l’orange est pour la communication et le jaune représente l’équipe. Elles constituent la base du livre de marque pour les ateliers artistiques et les groupes. Selon la nouvelle stratégie, l’objectif du Palais serait de devenir un établissement culturel compétitif et moderne, qui puisse répondre aux besoins d’un public aussi large que possible en proposant une formation innovante, et se porter candidat au rôle de leader des tendances culturelles.

Des transformations ont lieu à l’intérieur de l’édifice. Le bâtiment du Palais est un monument à l’échelle de la ville, alors tous les travaux sont réfléchis et concertés par avance. Actuellement, la reconstruction du toit et d’une salle est en cours, elle est en partie cofinancée par les autorités municipales. Certains projets ont reçu le soutien de la communauté qui a voté pour leur financement avec l’argent du budget de Lviv. Des studios et des salles de classe ont été rénovés. Le toit-terrasse ouvert sera utilisé comme cinéma de plein air.

Les salles rénovées reçoivent de nouveaux noms: la salle de concert, c’est le salon de Khotkevytch, la salle de musique de chambre, c’est le cellier de Hnat (au fait, au début, c’était une salle de bowling, plus tard, dans les années 1990 — une discothèque et même un club de striptease). Il y a aussi Khotkevych Space, l’espace créatif.

Il est essentiel pour l’équipe de rénover l’espace, de le remplir de nouvelles idées: venir et tout détruire pour créer quelque chose de nouveau à sa place, c’est une chose facile, dit Oleksandra, mais eux, ils cherchent la vérité historique:

— Nous avons commencé par l’histoire. Lorsqu’on y pénètre, on ne veut plus l’altérer, on ne veut que rénover, revitaliser, certes, ajouter quelque chose de nouveau, mais surtout garder ce qu’on a déjà.

Avant le début des travaux, malheureusement, on n’avait pas trouvé de vieilles photos du bâtiment: aux archives il n’y avait que les clichés des années 1980 et aucun qui soit plus ancien. On a dû donc consulter des spécialistes en architecture fonctionnaliste. Les intérieurs ont été libérés d’ajouts ultérieurs qui n’étaient ni en harmonie avec le design authentique, ni le contemporain, ni la conception choisie. On gardera cependant certains panneaux et mosaïques soviétiques, le revêtement en pierre et tuffeau arménien ne sera pas enlevé là où il est pertinent.

Une des expertes invitées, architecte et chercheuse en architecture moderne de fonctionnalisme, Yuliia Bohdanova, raconte qu’à l’époque soviétique, en faisant les travaux (on agrandissait des salles pour donner plus de place aux groupes anciens et nouveaux) on tenait compte du style général de l’édifice. Et pourtant, les intérieurs avaient été complètement modifiés, c’est un miracle que les radiateurs autrichiens soient restés intacts.

— Au niveau du sous-sol on voit où se termine la partie ancienne du bâtiment et où commencent les ajouts soviétiques. En principe, c’est à ces niveaux techniques qu’on peut voir très distinctement l’approche de construction qui régnait avant et comment cela a changé pendant la période soviétique: un strict minimum de couloirs et beaucoup de pièces exigües, pas d’espaces ouverts, tout est très étroit et très encombré.

En 2019, de jeunes historiens, architectes et designers se sont réunis lors d’un atelier au Palais et ont passé une semaine à travailler et proposer des idées pour le développement de l’établissement. Ils étaient divisés en groupes, chacun était responsable d’une zone, on devait l’étudier, l’examiner et proposer des idées pour son changement et amélioration.

Si, avant, le bâtiment était clairement divisé en zones fonctionnelles — zone du hall d’entrée, pièces du personnel, vestiaires, toilettes, bureaux — maintenant, la tendance est tout autre. On a démoli les petits bureaux pour organiser un espace unique pour des conférences et le coworking. L’équipe voulait utiliser chacune des pièces avec efficacité et d’une manière polyfonctionnelle, puisque le Palais cherche à répondre aux besoins culturels des habitants d’une grande partie du nord de Lviv:

— La mission d’aujourd’hui est de profiter de chaque centimètre pour disperser les gens et leur donner un espace confortable qui puisse réaliser le nombre de fonctions qui en sont exigées de nos jours. C’est dans ce sens-là qu’on adapte et développe l’espace, compte tenu des besoins modernes.

Les toilettes du bâtiment, remises à neuf, répondent à toutes les exigences. Il y a des cabines pour les personnes handicapées et d’autres pour les enfants, avec les cuvettes installées plus bas, une salle de change pour les bébés avec une table à langer, un fauteuil d’allaitement et des pots de bébé.

Le Palais possède toujours beaucoup de salles nécessitant des travaux ou de la restauration. Pour les rénover, au cours des étapes suivantes de la revitalisation, on étudiera les besoins de la communauté et les tendances culturelles.

Débuts artistiques

L’idée d’attribuer des fonctions distinctes aux espaces a été réalisée avec succès lors de la création de la première galerie de jeunesse à Lviv — la KhotArtHall dont le concept avait été proposé par les participants de l’atelier de 2019. La galerie a été aménagée dans le couloir spacieux au rez-de-chaussée du Palais. La KhotArtHall a donné suite à l’idée de la souscription publique qui avait été à la base de l’histoire du bâtiment. L’équipe de l’établissement a gagné sa première subvention internationale grâce au programme de l’Union Européenne, House of Europe, dans la nomination de crowdfunding. Sous le confinement le plus strict, le Palais a pu collecter 82 000 hryvnias sur une plateforme de financement participatif. House of Europe a donné 6 000 euros de plus.

L’auteur du concept visuel de la transformation de l’espace est le designer Vitalii Chydei. Selon son modèle, on a essayé de créer un espace ouvert et ergonomique avec une division pratique en zones, libéré du superflu. On a restauré les portes anciennes plaquées avec de vieux verrous authentiques en laiton, réparé le plancher. Une fois le revêtement des murs remplacé, le hall s’est élargi visuellement.

Aujourd’hui, le Palais dispose non seulement d’un studio artistique, mais aussi d’une salle d’exposition gratuite pour les élèves et de jeunes artistes qui y organisent leurs premières expositions. Le nouvel espace les intéresse, on a déjà reçu des demandes de la part de 23 artistes. Le calendrier du Palais Khotkevytch est complet jusqu’à la fin de 2021. Un des avantages importants de la galerie KhotArtHall est l’organisation de l’espace qui est efficace et fonctionnel (par exemple, on peut installer des toiles de taille différente, les fixations peuvent tenir jusqu’à 15 kg).

L’équipe de l’établissement ne pense pas s’arrêter là: on aménagera une galerie pour l’art numérique et des expositions d’œuvres volumineuses au niveau inférieur, où se trouvait jadis le vestiaire. Un éclairage correspondant, des projecteurs et des socles de présentations y seront installés. Inspirée et motivée par son succès avec la galerie d’art visuel, l’administration du Palais Khotkevytch a pu collecter une somme encore plus impressionnante pour la réalisation de ce projet — 98 000 hryvnias; le reste sera cofinancé par L’International Renaissance Foundation. Oleksandra voit un sens important dans la dotation de la culture:

— Si, dans la période d’une crise sévère, sous le confinement, où les gens ont besoin d’argent pour se payer de la nourriture, mais qu’ils en donnent pour la culture, cela veut dire qu’ils en ont besoin de cette culture.

« Découvrir du nouveau, quitter l’horizon »

L’équipe du Palais travaille non seulement sur la revitalisation de l’établissement, mais aussi sur celle du quartier entier qui était, il y a peu de temps, un endroit postindustriel défavorisé. Le contenu essentiel, selon les employés du Palais, ce sont les gens. Voici leur nouvelle devise: « Découvrir du nouveau, quitter l’horizon ».

Le Palais Khotkevytch essaie d’impliquer les habitants dans le processus culturel, pour qu’ils y participent au lieu d’en contempler le résultat pendant leur temps libre. Le Palais veut devenir le terrain donnant aux citoyens la chance de se développer par la satisfaction de leurs besoins. Oleksandra remarque la hausse de popularité des événements culturels au Palais:

— C’est la réalité de nos jours, tout le monde est fatigué par le travail et la routine. L’enrichissement culturel, spirituel même une fois par semaine, juste pour une heure, soulage, rend la vie quotidienne plus supportable.

La directrice adjointe, Tetiana Prodan, explique qu’il est nécessaire de réaliser le potentiel historique du quartier. Il faut faire découvrir l’histoire de Pidzamtche et de l’établissement, attirer l’attention sur différentes couches culturelles et l’identité des habitants. Le Palais serait l’intermédiaire, le centre culturel qui crée son réseau, qui lie les participants d’un fil invisible. La tâche de l’équipe, selon Tetiana, est de trouver au fond du Palais ce détail spécifique, indispensable à la communauté, puisque la politique culturelle se fait en collaboration:

— Dans la mise en place de notre stratégie nous nous éloignons du stéréotype des palais des pionniers soviétiques où toute idéologie venait de la direction. Nous faisons tout pour changer cette vision, pour montrer que nous sommes en interaction avec la communauté et fondons notre stratégie culturelle là-dessus. Voilà de quoi dépend notre avenir.

Le quartier de Pidzamtche vit une période de rénovation, tout comme il y a cent ans. À l’époque il était peuplé d’ouvriers des nouvelles usines. Aujourd’hui, des immeubles remplacent les bâtiments industriels délabrés et abandonnés. De nouveaux habitants viendront vivre dans le quartier et écrire le nouveau chapitre de son histoire. Le Palais de la culture Hnat Khotkevytch veut devenir une partie indispensable du quotidien des Lviviens, les stimulant à se perfectionner, leur proposant des loisirs de qualité en tant que milieu culturel.

supporté par

House of Europe est un programme financé par l'Union européenne conçu pour soutenir les échanges professionnels et créatifs entre les Ukrainiens et leurs homologues de l'UE. Le Goethe-Institut en Ukraine gère le programme House of Europe. Le British Council, l'Institut français et les Centres tchèques sont partenaires du consortium du projet.

Le dossier est préparé par

L'auteur du projet:

Bogdan Logvynenko

Chef de projet:

Lyudmyla Kutcher

Ivanna Vlasiouk

Auteure:

Orysia Chiyan

Rédactrice en chef:

Natalia Ponedilok

Rédactrice:

Anastasiia Serikova

Productrice,

Scénariste:

Karina Piliugina

Intervieweur:

Iryna Makarchouk

Assistante de producteur:

Natalija Vychynska

Photographe:

Sofia Solyar

Opérateur caméra:

Yurij Palyvoda

Nazar Nazarouk

Monteuse:

Nadija Melnytchenko

Réalisateur:

Mykola Nosok

Ingénieur du son:

Anastasiia Klymova

Éditeur photo:

Katya Akvarelna

Transcripteuse audio:

Sofia Bazko

Responsable de contenu:

Kateryna Yuzefyk

Traductrice:

Nataliia Zozulia

Éditeur de traduction:

Faustine Felici

Coordinatrice de la traduction:

Olga Gavrylyuk