Kryvorivnia. La Koliada houtsoule malgré les interdictions

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« Dimanche à l’aube le soleil se leva, les jardins de cerisiers, il les émerveilla… ». Ce sont les premières lignes d’un chant de Noël (koliadka en ukrainien — tr.) que nous pouvons entendre depuis plus de cent ans au village Kryvorivnia dans la région de Houtsoulie. La tradition de Koliada faisait partie des fêtes de Noël bien avant l’arrivée du christianisme. Cette tradition a perduré sans interruption jusqu’à nos jours. Ni l’adoption du christianisme, ni les interdictions soviétiques n’ont réussi à interrompre cette tradition du chant masculin et ce rituel de Koliada dans ce village au milieu des Carpates.

A l’époque ancienne, les chanteurs de koliadka — des koliadnyky — représentaient des esprits ancestraux. C’était la fête de naissance du soleil. Ensuite les cultures archaïque et chrétienne se sont réunies. La Koliada païenne est devenue chrétienne, ainsi les naissances du soleil et de Jésus Christ ont fusionné. Alors les prêtres et les Houtsouls commencèrent à écrire de nouveaux koliadkas ensemble. On considère que la Koliada représente l’église, car elle commence dans sa cour. Les koliadnyky amènent cette église à chaque foyer : non seulement à ceux qui se trouvent dans la vallée au bord de la rivière, mais également à ceux qui sont dispersés dans les montagnes.

Par ailleurs, la Koliada c’est un moment de rencontres, de communication, d’échanges de pensées et d’inquiétudes, surtout pour ceux qui n’ont pas de chance de se croiser souvent pendant l’hiver.

Le père Ivan

Hormis les koliadnyky, le prêtre local, le père Ivan Rybarouk, s’occupe aussi de la fête. À Noël, il donne la bénédiction aux koliadnyky et partage l’argent qu’ils ont recueilli : pour la restauration de l’église, pour les besoins de l’armée ukrainienne et pour les gens qui nécessitent des traitements médicaux :

— Nous ne chantons pas seulement les chants anciens d’il y a cent ans, nos chants racontent les événements d’aujourd’hui également. La Koliada raconte ce qu’on vit, c’est pourquoi elle s’est perpétuée.

Le père dit qu’il voudrait que chaque village houtsoul soit comme Kryvorivnia où tous les coins du village ont leur propre groupe de koliadnyky :

— Il existe des villages où la moitié, un quart ou seulement quelques habitants vont chanter à Noël. À Kryvorivnia, le village entier participe à la Koliada, et c’est un phénomène unique.

Kryvorivnia possède neuf hameaux et chacun a son groupe de chanteurs. C’est le temps de guerre à présent, alors un des groupes va partir à l’Est pour y la Koliada chez les militaires.

Kryvorivnia est considéré comme la capitale d’été et d’hiver de la région de Houtsoulie. À l’époque, Ivan Franko, grand écrivain ukrainien et Mykhailo Hrouschevskyi, historien et homme politique ukrainien, venaient ici afin de passer les vacances. Serhii Paradjanov y a tourné son film culte « Les chevaux de feu ». Cet endroit attirait toujours de nombreuses personnalités créatives. Ces échanges ont influencé le village qui est devenu un centre culturel. Pour embellir leur quotidien, les Houtsouls recourent souvent aux décorations qui n’ont aucune utilisation pratique. Ivan Rybaruk explique :

— Lorsqu’on vit dans les montagnes, dans cette beauté, nous ne pouvons pas être différents. En outre, nous les Houtsouls, on aime la liberté. Nous ne nous sommes pas laissés influencer par les autres cultures, ni autres pouvoirs. Nous avons toujours mené notre propre vie. Ce désir de vivre notre propre vie nous a préservé. C’est en ayant le temps pour méditer que les gens trouvent la vérité.

La Koliada

À Noël, les koliadnyky se rassemblent peu à peu dans la cour d’église. Les joueurs de la trembita (instrument de musique traditionnel des Houtsouls) préparent leurs instruments, qui chômaient pendant un certain temps, en les imprégnant de horilka (l’eau de vie). A ce moment, les autres écoutent la messe et reçoivent l’onction. Ensuite, tout le monde, les koliadnyky, les villageois et les hôtes du village se déplacent vers la cour d’église. Les koliadnyky forment un cercle qui est le symbole universel du soleil. Les bérézas (chefs des groupes de koliadnyky) et les violonistes se mettent au centre de ce cercle. Les festivités, tant attendues depuis un an, commencent.

« Dimanche à l’aube le soleil se leva,
Les jardins de cerisiers, il les émerveilla.
Les fleurs de cerisier abondent,
L’enfant divin vint au monde. »

Les bartkas (hache fine et tranchante. — éd.) sont brandies comme si elles suivaient le rythme, les trembitas et les cornes sonnent, les krysani (chapeau houtsoul — éd.) multicolores avec leurs plumes brillent au soleil d’hiver, tout cela forme une vague colorée de Koliada.

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La Koliada débute par le plès (mot du dialecte local qui désigne une sorte de danse — tr.). Les koliadnyky ne font pas que chanter, ils dansent eux aussi. Le plès est une part importante de la Koliada qui remonte à l’époque païenne. En quelque sorte c’est une danse rituelle d’hiver. Les koliadnyky mènent leur danse autour de l’église ainsi que près des maisons pour partager la joie de Noël avec les personnes qui y vivent. À Kryvorivnia, les koliadnyky dansent sur place tandis qu’au village voisin Dzembronia, ils marchent comme une unité militaire.

Tant que les koliadnyky dansent devant la maison, le propriétaire décide s’il va les inviter chez lui. Une fois ils rentrent dans la maison, ils peuvent y chanter les koliadkas pendant quatre heures, voire plus.

La Béréza

À Kryvorivnia, chaque groupe de koliadnyky a son chef — béréza — un violoniste et un joueur de trembita. Ils chantent en faisant trois fois le tour de l’église, cela fait une sorte de symphonie houtsoule de la Koliada. Il est obligatoire de s’arrêter devant le prêtre qui leur donne sa bénédiction pour la Koliada. Les chanteurs à leur tour promettent de rendre visite à chaque maison et de se comporter dignement.

Cela fait plus de trente ans qu’Ivan Zélentchouk joue le rôle de béréza, en suivant l’exemple de son père :

— Le père Ivan Rybarouk nous donne sa bénédiction, nous arrose d’eau bénite et nous envoie à la Koliada de paix. Tu le ressens dans ton cœur. Une sorte de vague monte et tu ne te sens plus comme les autres. Tu te sens comme un apôtre. Nous y allons pour annoncer la naissance de Jésus Christ.

La béréza joue le rôle d’un prêtre. Il porte avec lui une croix que les gens embrassent et sur laquelle ils mettent le povismo (fibres de lin prêtes pour tissage — éd.) À Kryvorivnia, on considère que le povismo est de loin la meilleure chose à donner pour les besoins de l’église. Maintenant, on donne de l’argent aussi. Selon la tradition houtsoule, il faut obligatoirement donner aux koliadnyky des biens matériels.

Ivan Zélentchouk raconte qu’il est allé quelques fois aux États-Unis pour y présenter la Koliada houtsoule :

— On a commencé par les répétitions pendant un mois. Mon père, décédé, faisait béréza ainsi que mon frère. Nous avons une sorte de dynastie de koliadnyky. Nous aimons cela et cette tradition perdure de génération en génération.

La béréza Ivan avec son groupe commencent leur Koliada à Noël. C’est important de bien calculer votre temps et le nombre de maisons, pour réussir à amener la Koliada partout avant le jour du Baptême. La Koliada dure près de 14 jours et pendant ce temps les hommes seront absents de leurs maisons.

La tradition veut que les femmes houtsoules ne joignent pas les koliadnyky et ne forment pas leurs propres groupes. Cela s’explique par le fait que les femmes devaient garder les enfants et le bétail tandis que les hommes avaient toujours plus de force physique pour survivre. Cependant, le père Ivan raconte des cas où les femmes, elles aussi, faisaient la Koliada. Une fois à Kryvorivnia, à Yaseniv, les hommes se sont disputés. Alors, les femmes ont réussi à nourrir les enfants, à traire les vaches et à partir pour faire la Koliada :

— Les temps ont changé. Il semble qu’on ait oublié les mots de l’apôtre Paul, qu’il n’y a ici ni homme, ni femme, mais c’est Jésus Christ qui est tout et dans tout. Alors je ne pense pas que la Koliada doit être interdite aux femmes, mais elles ont tellement de travail que ça, ça leur serait de trop.

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À l’époque, la Koliada était pour les hommes adultes. Ce n’est pas n’importe qui qui peut faire le groupe des koliadnyky. Pourtant, il est de plus en plus courant que les jeunes gens font partie des groupes pour reprendre les traditions. Ivan Zélentchouk, béréza, explique :

— Parmi les koliadnyky il n’y a pas de place pour un maître malhonnête, un garçon difficile ou celui qui aime l’alcol. Ce n’est pas interdit de boire mais il faut connaitre ses limites. Il ne faut pas oublier que tu te sens responsable et un peu pas comme dans la vie de tous les jours. Tu es bénit, arrosé d’eau bénite et tu dois accomplir ta mission avec la conscience tranquille.

Si un homme ou un garçon rate la Koliada sans raisons valables, il risque d’être expulsé du groupe.

Le fils du prêtre, Pavlo Rybarouk a rejoint le groupe de koliadnyky d’Ivan Zélentchouk. Il participe à la Koliada depuis ses 12 ans, c’est-à-dire cela fait déjà plus de 8 ans. Il se souvient quand il a pris le cahier de chant d’un des chanteurs expérimentés, pour les copier et les apprendre. Au début, c’était une simple curiosité pour cette tradition et la volonté de participer à la Koliada pour sa fonction sociale, pour prendre part à la vie de la société.

Il est important pour chaque chanteur au-delà du chant, de comprendre le sens de cette fête. D’un côté tu chantes les textes et communiques avec des familles, mais d’un autre coté tu donnes une sorte de messe. Pavlo Rybarouk parle de son expérience :

— C’est une sorte d’église populaire ambulante. Je participe à cela pour lire ce qui est écrit dans mon cœur. Pour comprendre moi-même et comprendre la langue dans laquelle c’est écrit. La Koliada m’aide beaucoup, puisque c’est un voyage à travers les chants vers toi-même. Et c’est très important.

Pour le garçon, cette tradition est particulière, car elle est liée à la vénération du soleil, ce qui s’est transformé en un rite chrétien. Mais ce rite a su garder son effet original, à un moment donné, pendant la Koliada tes pensées plongent dans le coeur très profondément, là où les paroles ne sont pas encore nées :

— Au bout de 15 minutes de chant (qui dure une demi-heure), tu peux réaliser que tu n’es plus là. Pourtant, ta voix continue le chante avec une dizaine d’hommes qui font la Koliada avec toi depuis 7 ans chez les mêmes propriétaires.

Que chantent les koliadnyky ?

Un chercheur local, ethnographe Ivan Zélentchouk pense que les traditions de Noël et de Koliada sont syncrétiques, car elles fusionnent entre les croyances païennes et chrétiennes :

— On a fait des chants avec les paroles « le soleil est né » dans le sens « Jésus Christ est né ». Je pense que la Koliada s’est monté en unifiant ces différences

Par exemple, le chant le plus long qui est chanté par le béréza pour les propriétaires de la maison contient des paroles :

Un coq est coupé et salé,
Un poisson est cuit et salé,
Ce coq avec sa tête coupée,
Ce poisson qui était coupé, salé et cuit.
Quand ce coq chantera sans sa tête,
Quand ce poisson coupé, cuit et salé se retournera dans l’eau et nagera,
C’est là que Jésus Christ ressuscitera.

Ce sont des paroles très significatives quand la résurrection du Christ est comparée avec celle de la nature.

Pavlo Rybarouk compare aussi les chants de Noël avec les vielles ballades scandinaves ou avec des chants hindous. « Oh sida, da y na rida, sida da y na dana », c’est un refrain de moultes chants de Noël. Pavlo présume que cela fait allusion à trois déesses de la Dacie : Sida, Rida, Danaia.

— Nous prononçons ces paroles sans réfléchir, mais leurs origines sont très anciennes. Ceux qui ont écrit et rimé ces mots avaient voulu qu’ils soient sacrés.

Pour chaque maison sa Koliada. Tout dépend de la demande des maîtres de la maison. On peut chanter pour toute la famille ou pour chaque membre séparément. Il est même possible de chanter pour chaque enfant et chaque animal. Ces chants portent des noms comme, « Koliada pour le maître », « Koliada pour une fille », « Koliada pour un garçon ». Les paroles de ces chants sont différentes selon les villages et parfois selon les groupes de koliadnyky.

On raconte qu’à l’époque on dansait davantage avec les maîtres de la maison. Aujourd’hui, il ne reste qu’une danse qui se fait avec les propriétaires. Cette danse s’appelle kroughlek. C’est une danse en rond. Si le propriétaire possède un rucher, on chante pour les abeilles également.

Si les koliadnyky s’approchent d’une maison inhabitée, ils chantent quand-même, pour que la vie y retourne. Une fois, les koliadnyky et le béréza Ivan ont chanté dans la maison d’une vielle femme. Elle a pu donner seulement une petite somme d’argent, 10 hryvnias. Alors, ce sont les koliadnyky qui ont fait une donation pour cette femme, 200 hryvnia. Parce que la Koliada ne prends que ce qu’une personne peut donner. Les koliadnyky à leur tour, peuvent apporter de l’aide à une personne dans le besoin.

Il existe aussi une Koliada pour les morts (« Oumerla Koliada »). Après des heures de Koliada à table les hommes se lèvent et chantent pour tous les morts de la maison. D’après la tradition il faut mettre un kolatche (la brioche traditionnelle) et trois bougies et les chanteurs doivent faire sonner les carillons.

L’interdiction de la Koliada

La Koliada est une tradition liée à la religion et pour cette raison elle était interdite à deux reprises. Premièrement, la Koliada était désignée comme un rite impie quand le christianisme s’est activé en Houtsoulie. Un écrivain, Stanislav Vincenz décrit cet épisode dans son livre « Dans les hauts pâturages » ou il parle de l’an 1830.

— Nous célébrons la naissance du soleil mais de la même manière nous pouvons célébrer la naissance de Jésus Christ, — dit l’ethnographe Ivan Zelenchuk en feuilletant ce livre. — Dans la même période, l’écrivain local Pétro Chékéryk-Donykiv, appelle la Koliada « l’église ambulante ». Les nouveaux chants étaient écrits par les Houtsouls en collaboration avec les prêtres.

Pendant la période soviétique, l’église ainsi que la Koliada étaient interdites. Alors les Houtsouls y procédaient en cachette. Ivan Zélentchouk raconte que la Koliada se faisait dans les « hauts » pour que personne ne voie. Dans les villes, certains textes des chants étaient modifiés en remplaçant Jésus par Lénine, car le KGB pouvait poursuivre les koliadnyky.

Chaque village houtsoul se compose de deux parties. La vallée, d’habitude occupée par la moitié des habitants qui se sont installés au bord de la rivière. La deuxième partie est « les hauts ». Les maisons y sont dispersées d’un kilomètre l’une de l’autre pour avoir de la place pour le bétail. À l’époque, la potentialité que quelqu’un aille dans les montagnes pour contrôler les koliadnyky, était nulle. Alors, la Koliada continuait sa survie dans « les hauts » :

— Ma mère allait toujours chez sa sœur pour la Koliada, à Krasnoillia. Elle disait : « Je vais rendre visite à ma sœur Mariika Shoivorovska au Noël » — « Pourquoi ? » — « Elle habite en haut dans les montagnes et elle laisse rentrer les koliadnyky ».

La Koliada a commencé sa renaissance pendant la période de la reconstruction. Les gens ont compris que le système répressif était devenu plus faible et ils ont repris la tradition de la Koliada ouvertement. Ivan Zélentchouk considère que la Koliada est réapparue d’abord dans la région de Verkhovyna, précisément dans le village de Kryvorivnia. Étant donné que ce village conserve ces vielles traditions et la population n’attendaient que cela.

L’homme se souvient qu’une fois les koliadnyky sont venus chez eux quand toute la famille était déjà au lit. C’était interdit et dangereux surtout si tu étais fonctionnaire. La famille de l’ethnographe travaillait dans l’éducation notamment :

— Nous avons entendu le chant devant la maison vers 2h du matin. Pas possible ! Alors je sors pour regarder et j’aperçois les koliadnyky. Nous avons ouvert la porte et laissé rentrer tout le monde. Nous avons mis à table tout ce que nous avons pu. C’était la première Koliada. Après ils ont proposé de les rejoindre. Malheureusement, je n’ai pas pu, j’avais du travail à faire.

Les gens racontent qu’il y avait un vieil homme qui non seulement connaissait toute les koliadkas par cœur, mais à la fin de sa vie, après 50 ans d’interruption, il a rejoint le groupe de koliadnyky.

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Quand la Koliada réapparut, les groupes de jeunes étaient comblés par les vieillards qui avaient du mal à sortir de leurs maisons. La tradition est restée en vie car ces vieux hommes étaient toujours là, ils se souvenaient, la tradition pouvait perdurer.

Le béréza Ivan Zélentchouk se souvient que l’église de Kryvorivnia n’était pas fermée et il y avait un groupe de koliadnyky de Verkhovyna qui est venu car leur église avait brulée :

— Le groupe de Verkhovyna dansait devant notre église et quelques locaux les rejoignaient, alors on a dansé devant notre église presque tous les ans. C’était un sentiment particulier. Vous savez, quand j’entendait cette danse cela me faisait mal au cœur. Ce n’était pas des choses interdites ou antiétatiques.

Pourtant, les textes antisoviétiques existaient : il y en avait sur l’année 1937, quand les locaux étaient envoyés en Sibérie, il y avait des chants sur l’armée insurrectionnelles de l’Ukraine également, ceux-là étaient interdits.

Quand on a levé l’interdiction sur la religion, il ne restait qu’un ou deux groupes dans notre village. Ensuite chaque hameau a créé son propre groupe.

La Rozkoliada

Après douze jours de Koliada, le groupe se rassemble chez son béréza pour la « rozkoliada ». Ils chantent pour le béréza et sa famille. Après les chants, ils boivent dans les carillons et remercient l’hôte. Le béréza et le violoniste se trouvent au centre et les koliadnyky dansent autour d’eux toutes les danses qu’ils connaissent. Le béréza se tourne vers chaque koliadnyk, chante pour lui en le remerciant et donne la croix à embrasser. Tous prient Dieu pour être là pour la Koliada de l’année prochaine :

— Le jour du baptême du Seigneur, tout le monde va sur le bord de la rivière pour faire des embrassades d’adieu.

Si un des koliadnyky a fait une bêtise, on lui donne à embrasser une pelle avec un visage de fille dessiné dessus. Ce moment d’adieu est très touchant, car les hommes qui ont chanté ensemble pendant deux semaines se séparent.

La Koliada houtsoule et ses danses sont un exemple unique de la tradition ininterrompue du chant dans les Carpates. La Koliada est le symbole de l’âme houtsoule et fait partie de leur code génétique. C’est pour cela que cette fête perdure sans laisser de place aux choses fausses. Les gens font cela pour eux mêmes. Ils puisent leur force dans cette fête, savent ressentir son esprit. Pour cela, chanter et danser n’est pas suffisant, il faut comprendre le sens et l’importance de la Koliada et la voir comme une possibilité de redécouvrir la valeur de Noël. Chaque année le groupe se compose des mêmes personnes qui chantent chez les mêmes propriétaires. Le principal de cette tradition est d’être ensemble pour la Koliada. À Kryvorivnia on dit que comprendre la Koliada c’est comme comprendre les Houtsouls.

supporté par

Ce matériel a été traduit par le soutien de l'Institut Ukrainien

Le dossier est préparé par

L'auteur du projet:

Bogdan Logvynenko

Auteure:

Diana Gorban

Rédactrice:

Yevheniia Sapozhnykova

Productrice:

Sofia Anjelouk

Photographe:

Oleksandr Khomenko

Dmytro Bartoch

Opérateur caméra:

Maksym Zavallia

Dmytro Bartoch

Monteuse:

Mariia Terebous

Éditeur photo:

Oleksandr Khomenko

Transcripteuse audio:

Viktoriia Volianska

Ilona Mykolayichyn

Traductrice:

Iryna Chaus

Éditeur de traduction:

Andrij Andrusiak