Velyki Kopani. Le marché et le chou

Exploitation agricole
La Tauride
Propre entreprise
10 octobre 2019 14:05
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Dans le village de Velyki Kopani, à proximité de Kherson, se trouve l’un des plus grands marchés de gros de légumes s’appelle « Nejdanyi ». De nombreux сentres commerciaux et distributeurs de produits agricoles y sont achetés. Presque toutes les familles à Velyki Kopani ne cultivent que des légumes ou des fruits pour la vente. L’agriculteur local Serhij Kovaliov, quant à lui, cultive du chou depuis environ 20 ans pour le vendre sur le marché.

Les perspectives agricoles du sud de l’Ukraine

La Tauride est une région du sud de l’Ukraine où la production agricole est bien développée. En raison d’un climat favorable et d’une grande superficie de terres arables, ce territoire, en particulier aux alentours de Kherson, figure parmi les plus importants producteurs nationaux de légumes et de сucurbitacées. Il s’agit le plus souvent de cultures de choux, de tomates, d’oignons, d’aubergines et de poivrons. Une sorte de carte de visite de la région est les tomates et les pastèques ainsi que les vergers.

L’un des facteurs principaux ayant influencé les agriculteurs de la région de Kherson a été la réorientation des relations commerciales de l’Ukraine à partir de 2014. Un pourcentage important de légumes locaux étaient achetés auparavant par la Crimée et le Donbass, ces marchés sont devenus inaccessibles et les agriculteurs ont été obligés de s’orienter davantage vers les marchés internationaux. Par ailleurs, cette situation a incité les fabricants à améliorer la qualité de leurs produits pour s’aligner sur les normes européennes. Les agriculteurs ukrainiens augmentent leurs exportations de fruits vers l’Union européenne, tandis que leurs légumes du « borchtch » (les oignons, les carottes, les betteraves) ne sont pas encore compétitifs sur ces marchés. En plus de l’UE, les agriculteurs négocient avec des pays du Proche-Orient, d’Asie et d’Afrique du Nord.

Parmi les défis que doivent affronter les agriculteurs de la Kherson region, c’est une création d’associations de profil. Cela les aidera à planifier et à analyser leurs activités. Les producteurs n’ayant pas une idée claire de la quantité qu’ils doivent produire, la production se révèle régulièrement non-adaptée à la demande. Cela provoque une variation annuelle des prix des légumes et des fruits. En s’unissant, les agriculteurs pourront répartir les risques et les coûts communs, pourront investir dans des entrepôts communs, et être en capacité de s’adapter plus facilement.

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Velyki Kopani

Le village de Velyki Kopani est situé en Tauride, à 47 km de Kherson. Il compte environ 6000 habitants, et est traversé par une route qui mène de Kherson jusqu’en Crimée. Il ne faut qu’une heure pour rejoindre la côte de la mer Noire depuis Velyki Kopani.

Le nom du village est associé au mode d’obtention d’eau potable sur ce territoire. Les résidents ont creusé des fosses peu profondes et ils ont bu de l’eau souterraine (le mot Velyki signifie grand ; et le mot Kopani – creuser – traduct.). À partir de 2016, le village Velyki Kopani est devenu le centre d’une communauté territoriale, qui comprend aussi deux autres villages: Dobrosillya et Abrykosivka.

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Dans la première moitié du XVIIIe siècle, la Sitch d’Olechky était situé près de ces terres et, jusqu’à la fondation de Velyki Kopani en 1796, la vie des cosaques faisait rage. Auparavant la population vivait principalement de l’élevage. Les sols sableux locaux, travaillés avec des outils peu efficaces, n’étaient pas très fertiles. Mais juste depuis la fin du XIXe siècle l’économie et le commerce est revitalisée à Velyki Kopani. Les entreprises commerciales opèrent dans le village et organisent des foires, commencent à cultiver plus de céréales, d’arbres fruitiers et à partir des années 1950, ils commencent à développer la viticulture et l’horticulture.

Aujourd’hui, la population locale vit principalement de l’agriculture et presque toutes les familles cultivent des légumes destinés à la vente en gros et au détail.

Le marché

Dans le village de Velyki Kopani se trouve le marché des produits agricoles « Nejdanyi ». C’est l’un des plus grands marchés de gros en Ukraine. Les prix pratiqués sur le marché de Velyki Kopani ont une incidence sur le coût des légumes, des fruits et des baies dans toutes les régions de l’Ukraine, car ils définissent le prix d’achat des centres commerciaux, des distributeurs et des entreprises de transformation.

Ce marché a été créé en 1995. L’une de ses caractéristiques est de proposer des légumes et des fruits en début de saison. En effet, en raison du climat chaud de la région, les premières récoltes parviennent ici 2 à 3 semaines plus tôt que sur le reste du territoire ukrainien. En général, la saison des ventes sur le marché « Nejdanyi » commence en printemps et se termine à la fin de l’automne.

Depuis 2011, l’association des producteurs agricoles de Tauride, qui regroupe plus de 2000 paysans des travailleurs indépendants et des entreprises. L’Association a pour objectif de protéger les intérêts des producteurs, contrôler les activités des pouvoir local et l’introduction de nouvelles technologies pour la culture et la transformation des produits agricoles.

Serhij

Serhij Kovaliov est un agriculteur local qui gagne sa vie de la culture des légumes depuis plus de 20 ans. Il dit que c’est le principal moyen de gagner de l’argent pour les habitants des villages environnants:

« – Il ne reste pas beaucoup d’argent sur vos dépenses personnelles. La plus grande partie des revenus est réinvestie dans la production. Il est difficile de tout calculer à l’avance. Nous faisons tout spontanément, en utilisant notre intuition. Il y a des villages entiers de gens comme moi. Tout le monde essaie de penser à l’avenir et de faire fonctionner les choses.

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Au marché « Nejdanyi », les vendeurs arrivent de différentes régions d’Ukraine. Mais les producteurs les plus proches peuvent souvent transporter des produits frais:

« – Il est plus facile de vendre de petites quantités. Si vous faites un stock, vous devrez de toute façon le diviser par la suite. Et Dieu merci, le marché est proche d’ici et il est facile d’y transporter du chou frais. Ceux qui viennent de loin doivent remplir leur voiture , et réorganiser le contenu ensuite. C’est plus facile pour nous, vous pouvez charger une demi-tonne dans la voiture et vous rendre au marché. »

Serhij Kovaliov dit que sa famille tente de tente de fidéliser des clients. Cela facilite les discussions et les négociations :

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Le village Velyki Kopani est situé près du parc national « Les Sables d’Olechky », l’une des plus grandes dunes de sable d’Europe. En général, cette région est caractérisée par des sols de châtaigniers associés à de l’ardoise:

« – D’un côté, c’est une bonne chose que le sol soit sableux. cela facilite les choses, car le sol ne retient pas tellement l’humidité. S’il pleut sur de la terre noire ou du terreau, il y aura de la boue pendant une semaine. Mais chez nous, deux heures après, on peut déjà travailler au potager. Le sable aura filtré l’eau.»

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Serhij a essayé de cultiver différents légumes, mais ces dernières années, il s’est principalement consacré à la culture du chou, du poivron et des aubergines. Il n’est pas pressé d’expérimenter avec des cultures exotiques:

« – Je me suis habitué au chou. J’ai essayé de planter d’autres légumes, mais j’ai de meilleurs résultats avec le chou. Un jour, on m’a proposé de planter des cultures exotiques, mais il n’y a pas de marché pour les vendre. On essaye de travailler pour vendre facilement. Qu’un produit se trouve sur le comptoir ne signifie pas qu’il sera vendu.»

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Selon Serhij, la culture des légumes est trop aléatoire. Si le produit se gâte plus vite, il faut se dépêcher pour le vendre. L’offre et la demande sur ce marché fluctuent constamment:

« – Il faut un certain temps pour transporter les légumes et vous devez ensuite les vendre rapidement. Les produits qui s’abîment le plus vite. Les produits périssables ne durent pas longtemps. S’il y a deux choux, il est clair que le client achètera le plus frais. Les magasins ne les posent pas la question de la conservation des produits, ceci repose sur les épaules des producteurs. Maintenant, il y a une abondance de tout au marché et il n’y a pas de fluctuations saisonnières.

Une fois, le chou de Serhij qui n’a pas été vendu et a été donné à la caserne:

«

Parfois, Serhij Kovaliov se rend au marché plusieurs fois par jour et d’autres fois, pas du tout. Il nous rappelle que le marché existe depuis environ 20 ans. Avant, sur le site du marché, il y avait une forme de commerce spontané :

« – Le marché nourrit-il le village? Les gens se nourrissent eux-mêmes. Pour pouvoir vendre au marché, il faut que les produits soient prêts. Parfois, il n’y a rien à amener au marché. Alors, il faut retravailler le sol et recommencer depuis le début. Labourer, recreuser et planter.»

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Le père de Serhij était conducteur de tracteur et toute la famille travaillait sur le terrain. C’est pourquoi, arrivé à 50 ans, Serhij ne voudrait pas changer de domaine d’activité :

« Je crois que les plus importantes réalisations d’une personne doivent être faites à 40 ans. À 50 ans, il est nécessaire de sauver ce qui a été gagné. Je ne veux rien changer et je ne pourrais pas. C’est mon affaire, et c’est ma zone de confort. De plus, si vous vivez de ce travail pendant 20 ans, alors vous connaissez tout le monde et tout le monde vous connaît. C’est plus facile. Il arrive que vous ne réussissiez pas toujours. Parfois, vous perdez. C’est une recherche constante d’équilibre.»

Avant de devenir agriculteur, Serhij a travaillé comme serrurier dans une usine. Au début, il avait peur de quitter son travail, mais par la suite, il s’est décidé à investir dans sa propre entreprise:

« – Je pensais que je devais gagner l’argent pour la retraite. Ensuite, j’ai changé d’avis, et j’ai maintenant plus de plaisir et plus d’argent. J’ai réalisé que cette situation était plus confortable pour moi. J’ai commencé avec un simple jardin potager, et j’ai gagné un peu d’argent. Par la suite, on s’est développé, développé de plus en plus. Si vous arrêtez de progresser, vous commencez à régresser.»

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Selon Serhij, la plus belle récompense pour lui est d’avoir un salaire décent. Lorsque l’agriculteur reçoit une récompense pour son travail, le travail lui-même apporte de la satisfaction:

« – De nos jours, vous ne pouvez pas vivre sans argent. Je ne dis pas que l’argent est la chose la plus importante dans la vie. Mais mon entreprise coûte cher et il est nécessaire d’investir encore. La raison en est que vous ne savez pas combien vous allez gagner. Lorsque j’ai construit ces serres, j’ai investi tout ce que j’avais. Jusqu’à l’année suivante, je suis resté sans argent. C’est terrible quand la nouvelle année commence et que vous n’avez rien. C’est très difficile de tout recommencer à zéro. »

Serhij a deux enfants : une fille qui étudie la médecine et son fils qui aide son père dans le potager. L’homme dit que la famille travaille du matin au soir, parfois même le week-end et sans déjeuner. Comme tant de familles de cette région :

« – Ici tout le monde a un potager. Ce n’est pas un passe-temps, c’est un style de vie. Il fait toujours chaud et il y a beaucoup d’eau. Ici nous n’avons pas d’industrie. Il n’y a pas beaucoup de travail. Il faut bien gagner sa vie.»

Serhij réfléchit parfois à l’idée de louer des parcelles de terrain et d’envoyer par colis les légumes cultivés à la personne qui loue. Il a entendu parler d’une pratique similaire en Espagne, où vous pouvez planter votre oranger et surveiller comment on s’en occupe:

« – Ensuite, les oranges ont récoltées et envoyées. C’est pourquoi je pensais à un projet de ce genre: louer une serre, planter dans une même ligne des tomates, des concombres, des choux, des fraises, etc. Une personne paie le loyer et s’occupe d’une récolte, en échange de quoi elle me demander: « Envoyez-moi des fruits et légumes frais d’aujourd’hui ». C’est ce à quoi je réfléchis maintenant.»

Serhij n’a pas l’intention de partir d’Ukraine. Selon lui, comme on ne choisit pas sa patrie, on n’en change pas non plus:

« – C’est l’endroit où je suis né. J’ai grandi ici, je vis ici, tout le monde me connaît. Je ne pourrais pas déménager. J’appartiens à cet endroit. C’est ma place.»

Le dossier est préparé parAuteure:Natalia PonedilokAuteur:Bohdan LohvynenkoRédactrice:Tetiana RodionovaProductrice:Olha SchorPhotographe:Mykyta ZavilinskyiOpérateur de drone:Pavlo PachkoOpérateur caméra:Oleksandr SlobodaMonteur:Pavlo PachkoRéalisateur:Mykola NosokÉditeur photo:Oleksandr HomenkoTrascripteur audio:Serhij HuzenkovTraductrice:Olga GavrylyukCorrection de traduction:Pierre Raimbault

10 octobre 2019 14:05